Pendant la courte pause méridienne, la chaleur écrasante du camp nous cloue sur nos lits. Allongés côte à côte en caleçon ou en slip, on écoute le bourdonnement des mouches et les rires étouffés des autres gars.
Smaïn tourne la tête vers moi, un sourcil levé, l’air soudainement intrigué. « Dis donc… » Il fait un geste vague vers mon bas-ventre. « C’est quoi, ton truc ? J’ai jamais vu ça avant. »
Je soulève légèrement le tissu fin de mon caleçon pour lui montrer. « C’est un caleçon. Tu vois, c’est plus aéré. Le sexe est plus libre, les couilles aussi. Pas de compression. » Je fais un petit geste pour illustrer, puis je lui lance un regard taquin. « Et toi, d’ailleurs, pourquoi tu portes un slip aussi mini et aussi serré ? »
Il cligne des yeux, surpris par ma question, puis baisse les yeux vers son propre bas-ventre. « Quoi ? Qu’est-ce qu’il a mon slip ?» Il se redresse légèrement, comme pour vérifier. « C’est… c’est normal, non ? » Il hésite, puis ajoute, un peu sur la défensive : « Au moins, ça tient tout en place. »
Je ris doucement. « Ouais, enfin, t’es sûr que t’es à l’aise ? » Je pointe son entrejambe du menton. « Parce que là, on dirait que t’es en train de l’étrangler. C’est pas sain… »
Il me lance un regard noir, mais un sourire trahit son amusement. « T’es con. » Il se rallonge, mais je vois bien qu’il ajuste discrètement son slip. « C’est pratique, c’est tout. »
Je lui lance un sourire en coin. « Tu devrais essayer les caleçons, un jour. Tu verrais la différence. »
Il secoue la tête, sceptique. « J’en ai pas. »
Sans hésiter, je me redresse et fouille dans mes affaires à la recherche d’un caleçon propre. J’en sors un, le brandis devant lui. « Tiens, essaie. » Je lui tends le tissu léger, un air de défi dans les yeux. « Allez, juste pour voir. »
Aussitôt, il attrape le caleçon et se lève d’un bond, comme s’il relevait un défi. Il baisse son slip serré sans façon, passe une jambe puis l’autre dans le caleçon, et ajuste le tissu autour de ses hanches. « Ouais !!!!… » Il fait quelques pas, teste les mouvements, puis se tourne vers moi, les yeux brillants. « C’est vrai que c’est plus libre ! » Il passe une main à l’intérieur, ajuste son sexe et ses testicules avec un sourire satisfait. « On se sent moins à l’étroit, c’est fou. » Il hoche la tête, convaincu. « Le pied. »
"Garde le, je t'en fais cadeau !"
" Oh putain c'est sympa ça, merci frère !
Mais j'en ai pas assez pour deux, alors il faudra le laver toi-même...
Il continue à se pavaner dans le caleçon, se retournant devant moi comme un mannequin. « Alors ? Ça fait sexy ? » Il pose les mains sur ses hanches, un sourcil levé, attendant ma réaction.
Je le trouve terriblement craquant, mais je lui lance, un sourire en coin, mentant effrontément : « Oh, tu sais, moi, les mecs sexy, je préférerais voir une nana avec. »
Il éclate de rire, sans se formaliser. « T’es con. » Puis, après une pause, il ajoute en rigolant :
« Bon, ben, au moins, je suis à l’aise. Et puis, si ça plaît aux nanas… » Il me fait un clin d’œil de connivence
Ce soir-là, comme ça arrivait souvent avec les bidasses en manque de distractions, on a bu plus que de coutume au foyer. L’alcool coulait, les rires résonnaient, et l’ambiance était à la confidence. On s’était écroulés, Smaïn et moi, sur un vieux canapé défoncé, collés l’un contre l’autre, comme deux frères d’armes partageant un moment de répit.
Les verres à la main, on se racontait nos vies, nos conneries, nos petits secrets. Smaïn, lui, était particulièrement demandeur. « Allez, raconte-moi encore tes aventures avec les nanas… » Il me fixait, les yeux brillants, comme un gamin avide d’histoires. « T’as dit que t’en avais une autre, l’autre jour ? Celle avec la rousse ? »
Je savourais son attention, son admiration, alors j’en rajoutais une couche, inventant des détails, brodant des scènes qui n’avaient jamais eu lieu. « Ouais, elle était chaude, cette rousse… » Je mentais avec aisance, pour me donner une image de séducteur, pour le faire rêver, pour me viriliser à ses yeux. « Elle m’a supplié de… » Smaïn, buveur d’histoires, avalait tout, fasciné. « Putain, t’es un chanceux… » murmurait-il en prenant une gorgée, un sourire en coin. « Moi, je me contente de tes récits. » Et moi, je me contentais de son admiration, même si tout ça n’était que pure affabulation.
Il continue, un sourire en coin : « Je me contente de tes récits… et de mes branlettes ! » Il rigole, comme si c’était une évidence.
Pour le rassurer, je lui lance : « Moi aussi, je me branle. »
Il me rétorque, un ton taquin dans la voix : « Ouais, mais toi, t’as tes aventures pour t’inspirer. Moi, j’ai que tes conneries. » Il lève son verre, l’air amusé, puis ajoute avec un grand geste :
« Trouve-moi une femme ! »
Je le vois se concentrer tout à coup, le regard fixe, comme s’il pesait ses mots. Il reste muet, les lèvres légèrement entrouvertes, comme s’il hésitait à franchir une ligne. Je commence à le connaître, et je devine qu’il a quelque chose sur le cœur.
Moi : « Toi, t’as quelque chose à me demander… ou à me confier. »
Il se lance enfin, la voix un peu rauque : « Dis-moi… T’as remarqué tout à l’heure, quand j’ai… » Il hésite, cherche ses mots. « Quand j’ai caressé tes couilles dans les sanitaires ? » Il me fixe, un mélange de défi et de gêne dans les yeux. « T’as aimé ça ? »
Je le regarde, un sourire en coin, sans détournement. « Ouais. Beaucoup même ! » Ma réponse est simple, directe. « T’as des doigts de fée, mon frère. Je regrette ne pas avoir pu te le faire puisque tu me menaces à chaque fois de me casser la gueule si je te touche !
Il me fixe, les sourcils froncés, une ombre de doute dans le regard.
« Attends… c’est pas un truc de PD, ça ? »
« Pas plus que quand tu m’as léché l’oreille ou le cou. Faut pas mettre des PD partout. Les Russes, eux, s’embrassent sur la bouche. Alors, relax. »
Il me fait remarquer, un ton plus sérieux :
« Deux mecs normaux, ils se pelotent pas les couilles, voyons. »
Je lui réponds, calme : « Et alors ? Si ça les gêne pas ? Parce que tu crois que deux mecs normaux, comme tu dis, se sucent l’oreille et se lèchent le cou ? »
Il se retrouve tout à coup dans l’embarras, les yeux baissés, comme s’il venait de réaliser l’absurdité de sa propre remarque.
Je lui lance, un sourire en coin : « Ça t’a fait plaisir, de me peloter les couilles un instant ? »
Il balbutie un « Non… », puis se reprend, gêné. « J’ai fait ça… pour te faire plaisir. »
Je hoche la tête, amusé. « T’as parfaitement réussi. » Je marque une pause, le regard franc.
« Moi, je peux pas te rendre la pareille, pas par égoïsme, pour me faire plaisir… mais pour te faire du bien à toi aussi car tu ne veux pas que je te touche... »
Il marmonne un "si c'est que pour me faire plaisir, alors c'est différent..."
J'exulte en moi-même et clos par un " eh bien, on verra..." énigmatique.
Puis on décide d'aller se coucher, ayant suffisamment bu... Une fois dans mon lit, l'esprit échauffé par ce qu'il l'avait dit, j'essayais d'échafauder les scénarios les plus retors pour arriver à mes fins.
Toute la journée s’écoule en tirs, démontages d’armes et lancers de grenades. Smaïn est là, à côté de moi : son corps qui se tend à chaque détonation, son visage strié de sueur, sa démarche souple et sûre. Et quand il s’allonge sur le ventre pour tirer, jambes semi-écartées, je ne peux détacher les yeux de ses fesses serrées sous le treillis, moulant à la perfection le caleçon que je lui ai offert. Le tissu épouse chaque courbe, chaque muscle, et je devine tout : la raie de ses fesses, la forme de son sexe pressé contre le sol, la chaleur de son pubis, la tension de ses cuisses qui frémissent à chaque coup de feu.
Et cette phrase, murmurée timidement la veille, me hante : « Si c’est que pour me faire plaisir, alors c’est différent… » Je m’imagine déjà : mes doigts glissant sous son treillis, effleurant le coton fin du caleçon, traçant le sillon entre ses fesses, sentant la chaleur de son corps à travers le tissu. Mes paumes suivraient les courbes de ses hanches, descendraient vers l’entrejambe, là où le tissu se tend, là où tout est possible. Et je me demande jusqu’où il me laisserait aller, si c’était uniquement pour "lui faire plaisir". Jusqu’où ses limites reculeraient, jusqu’où son corps m’autoriserait à explorer, sous prétexte que ce n’est que pour lui et pas pour mon plaisir, rendant de facto max démarche plus saine, plus normale, comme il dit ?
La tente est silencieuse, plongée dans le noir.. On est tous les deux allongés sur le dos, les yeux grands ouverts, fixant le plafond invisible. L’air est épais, chargé de cette tension qui n’a pas trouvé d’issue, une chaleur sourde qui colle à la peau.
Je n’arrive pas à dormir. Je ne peux pas. Parce que je sais. Je sais qu’il pense à la même chose que moi. Chaque fois que je tourne légèrement la tête vers lui, la lueur blafarde de la lune filtrant à travers la toile me permet de distinguer la bosse dans son caleçon, tendue, impossible à ignorer. Et quand mes yeux remontent vers son visage, je surprends son regard posé sur moi, sur mon entrejambe, comme s’il cherchait une confirmation, une permission.
Ses lèvres sont légèrement entrouvertes, sa poitrine se soulève un peu plus vite que d’habitude. Je sens mon propre souffle s’accélérer, mon sexe durcir davantage sous le tissu fin du caleçon. Il me regarde ...
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